Le cri d'alarme vient du ministre français de la fonction publique, David Amiel, qui, dans une interview récente, exhorte à une détox des outils américains. Mais au-delà de la France, cet appel fait écho en Afrique, où des experts et leaders comme ceux du forum de Lomé sur la paix et la sécurité soulignent l'urgence pour des nations comme le Gabon. Ici, le gouvernement gabonais, via des entités comme l'Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF), pourrait endosser ce rôle de pionnier, en s'inspirant des initiatives européennes pour mobiliser les acteurs publics et privés contre la domination étrangère.
Le combat pour l'indépendance : quoi de concret dans cette lutte ?
L'initiative vise à remplacer des outils comme Teams, Google Meet ou Zoom par des solutions souveraines, telles que l'application Visio en France, 100% made in Europe et dotée de fonctionnalités avancées comme la transcription automatique. Pour le Gabon, cela signifie promouvoir des alternatives locales ou africaines, comme des plateformes de visioconférence sécurisées développées en partenariat avec des startups continentales. Cette sortie de dépendance n'est pas seulement technique : elle englobe le stockage de données sensibles via des clouds souverains, évitant ainsi que des informations stratégiques sur l'économie pétrolière ou la santé publique gabonaise ne transitent par des serveurs américains vulnérables.
L'heure de la décision : quand agir pour éviter le piège ?
Annoncée pour une généralisation d'ici 2027 en France, cette stratégie s'inscrit dans un "contre-la-montre" face aux évolutions rapides de l'IA et des technologies. Au Gabon, où la digitalisation accélère depuis la pandémie avec des projets comme le e-Gabon, le timing est critique : des rapports récents, comme ceux de l'African Arguments, insistent sur 2025 comme année charnière pour l'Afrique, afin d'éviter une dépendance accrue. Sans action immédiate, le pays risque de rater le train de la souveraineté, alors que des forums comme celui de Lomé en 2025 appellent à une coordination régionale dès maintenant.
Des frontières numériques redessinées : où se joue cette bataille ?
Si l'épicentre est en Europe, avec la France en fer de lance contre les États-Unis, le Gabon se trouve au cœur d'un théâtre africain plus large. Libreville, avec son économie émergente et ses infrastructures en développement, est particulièrement exposée : des études comme celles de New America soulignent le "piège" des data centers dominés par des acteurs étrangers en Afrique. Cette lutte transcende les frontières, reliant Paris à Libreville via des enjeux communs comme la protection des données face à des lois extraterritoriales américaines, et appelle à des alliances panafricaines pour bâtir des écosystèmes numériques autonomes.
Les chaînes Invisibles : pourquoi rompre avec cette dépendance ?
La raison profonde réside dans la vulnérabilité géopolitique : les États-Unis ne sont plus un allié fiable, rendant l'Europe et par extension l'Afrique une "colonie numérique" potentielle. Pour le Gabon, les enjeux sont vitaux : dépendre de clouds américains expose à des risques de compliance, de cybersécurité et de perte de contrôle sur des secteurs clés comme l'énergie ou la finance. Des analyses comme celles de l'Interface Media alertent sur un "divisé digital" aggravé, où l'absence de souveraineté freine l'innovation locale et perpétue une dépendance économique. En optant pour l'autonomie, le Gabon pourrait économiser des millions en licences et booster son PIB via des technologies endogènes, tout en renforçant sa sécurité nationale.
Il est temps pour le Gabon de transformer cet appel français en un manifeste africain : en brisant les chaînes numériques américaines, Libreville ne se contente pas de survivre dans l'ère digitale, elle conquiert son avenir souverain, un clic à la fois.





