C’est une évolution que beaucoup anticipaient, mais qu’OpenAI a longtemps repoussée.
Les premiers tests auront lieu aux États-Unis, avant un déploiement progressif à l’international. Un changement discret dans la forme, mais majeur dans le fond : pour la première fois, l’outil d’IA le plus utilisé au monde entre officiellement dans l’économie publicitaire.
Comment les pubs vont apparaître (et surtout, comment elles ne vont pas apparaître)
OpenAI se veut rassurant.
Les publicités n’influenceront pas les réponses de ChatGPT. Elles seront affichées dans des encadrés distincts, clairement identifiés, juste en dessous de la réponse du chatbot.
Exemple concret :
Vous demandez à ChatGPT de vous aider à organiser un voyage à New York
L’IA vous répond normalement
En dessous, une publicité peut apparaître pour un hôtel ou un service lié au voyage
Autrement dit, ChatGPT ne devient pas un moteur de recherche déguisé. La réponse reste la réponse. La publicité reste périphérique.
Qui verra ces publicités ?
Dans un premier temps, les annonces concerneront :
Les utilisateurs gratuits
Les abonnés au nouveau forfait Go (8 $/mois)
Ce forfait, déjà disponible dans plusieurs pays (dont la France), permet d’envoyer plus de messages et de générer davantage d’images.
En revanche, aucune publicité pour :
Plus
Pro
Enterprise
Payer, c’est aussi payer pour l’absence de publicité.
Données personnelles : OpenAI tente un contre-modèle
C’est sans doute le point le plus stratégique.
OpenAI affirme qu’il ne vendra pas les données des utilisateurs et ne donnera pas accès aux conversations aux annonceurs.
Contrairement au modèle classique du web publicitaire :
Les annonceurs ne verront ni l’âge
ni la localisation
ni les centres d’intérêt individuels
Ils n’auront accès qu’à des données agrégées : nombre d’affichages, clics, performances globales. Une information confirmée par un porte-parole d’OpenAI à WIRED.
Pour le ciblage, OpenAI utilisera principalement le contexte de la conversation, et non le profil de l’utilisateur. Une partie des données de personnalisation peut être mobilisée, mais l’utilisateur pourra désactiver l’usage publicitaire sans perdre les autres fonctions de personnalisation.
Pourquoi ce choix maintenant ?
Derrière cette décision, une réalité simple :
l’IA coûte cher.
Serveurs, calcul, recherche, modèles toujours plus puissants…
Le modèle 100 % abonnement montre ses limites à l’échelle mondiale.
Avec cette approche, OpenAI tente un équilibre délicat :
monétiser sans dégrader l’expérience
entrer dans la publicité sans copier Google ou Meta
financer l’IA sans transformer l’utilisateur en produit
Ce que ça change vraiment (et pourquoi l’Afrique doit regarder de près)
Ce virage pose une question : ChatGPT devient-il un nouveau média ?
Un espace où :
l’intention est explicite
le contexte est clair
l’utilisateur est actif, pas passif
Si ce modèle tient, il pourrait redéfinir la publicité digitale : moins intrusive, plus contextuelle, plus utile.
Pour l’Afrique, l’enjeu est double :
comprendre comment ces nouveaux espaces de visibilité vont fonctionner
éviter de rester simples consommateurs d’outils, sans maîtrise économique
La tech ne change pas seulement nos usages. Elle redessine les rapports entre attention, argent et pouvoir.
Et ChatGPT vient d’ouvrir une nouvelle page.





