Cette innovation, qui vise à simplifier la vie des usagers et à lutter contre la fraude, soulève une question pertinente : et si le Gabon faisait de même ?
Actuellement, au Gabon, le permis de conduire est encore largement un document physique. En s’inspirant du modèle européen, l’adoption d’un permis numérique pourrait révolutionner le système de gestion des permis dans le pays.
À l’ère du NIP et de la biométrie, un permis stocké dans une base de données numérique, avec QR code et authentification sécurisée, réduirait considérablement les falsifications et les usages frauduleux. Ainsi, on n’aurait plus besoin de se déplacer avec un document physique, tout serait accessible via une application mobile.
Les défis du numérique en Afrique, et particulièrement au Gabon
L’idée est séduisante, mais le passage au numérique dans le secteur des permis de conduire au Gabon soulève plusieurs obstacles majeurs :
Avec des Infrastructures numériques encore limitées, l’adoption d’un permis numérique nécessiterait une mise à niveau des bases de données administratives et une interconnexion entre les services de la sécurité routière et les forces de l’ordre.
Sur la table de la Société de Patrimoine des Infrastructures Numériques ( SPIN ) le sujet sur l’accessibilité et fracture numérique est évoqué : Tout le monde ne possède pas un smartphone (Aucune vanne) ou une connexion internet stable. Comment garantir que chaque citoyen puisse accéder à son permis numérique sans exclusion ?
Qui dit permis de conduire dit contrôle routier et surtout fiabilités de ces derniers : Les forces de l’ordre devraient être équipées de dispositifs capables de scanner et vérifier les permis numériques en temps réel. Cela implique un investissement dans du matériel et une formation adéquate…
Si l’Europe est en passe d’adopter ce système, le Gabon pourrait aussi s’y préparer progressivement. Une phase pilote, avec une double version (physique et numérique), permettrait de tester la faisabilité et d’identifier les ajustements nécessaires. Des entreprises tech locales pourraient permettre l’accélération de cette transition, en intégrant des solutions adaptées aux réalités gabonaises, comme une validation hors-ligne pour les zones mal couvertes par internet.
Le permis numérique au Gabon n’est pas un rêve inaccessible (bien qu’étant lointain), mais il nécessite une volonté politique forte, des investissements stratégiques et une adaptation aux contraintes locales. Le Gabon gagnerait à développer sa propre approche pour que la dématérialisation du permis de conduire soit un véritable progrès et non une fracture supplémentaire.
Et si ce projet s’inscrivait dans les priorités des autorités ?